Les mesures de la LFSS 2026 sont-elles suffisantes pour améliorer l'accès aux soins primaires ?

Selon les autorités sanitaires, près de 87 % du territoire national serait classé en situation de fragilité médicale. Cette réalité ne se limiterait plus aux seules zones rurales : certaines villes moyennes et des périphéries urbaines seraient concernées par cette fragilité car elles peinent à garantir un accès rapide à un médecin de proximité.

Pour enrayer cette dynamique, l’État a établi une cartographie des 151 intercommunalités les plus touchées (image de gauche). Ces territoires couvrent environ 2 à 2,5 millions d’habitants et s’étendent de la « diagonale du vide » (centre, sud-ouest, est de la France) (image de droite) jusqu’à l’outre-mer, notamment en Guyane et à Mayotte.

























Ce chiffre de 87% (du territoire et non de la population) mérite d'être mieux explicité. Nous savons que 80% de la population française vit dans 20% du territoire, le corollaire étant que 20% de cette population vit dans 80% du territoire. Ce sont donc ces 20% de Français (environ 14 millions), vivant dans 80% du territoire national (essentiellement des zones rurales et quelques zones périurbaines,) qui sont concernés par des difficultés d'accès aux soins primaires et spécialisés (sources Insee, IGN, 2026). Dans cette partie du territoire national, 151 intercommunalités seraient les plus touchées par la sous-densité médicale, ce qui concernerait environ 2,5 millions d'habitants, soit 18% des 14 millions vivant dans ces 80% du territoire français.


LES MESURES DE LA LFSS 2026 POUR AMÉLIORER L’ACCÈS AUX SOINS PRIMAIRES.


Création du réseau France Santé

Le gouvernement a lancé un réseau national de structures de soins de premier recours, labellisées « France Santé ». L’objectif est de garantir à chaque Français un accès à une solution de santé à moins de 30 minutes de son domicile et un rendez-vous médical sous 48 heures en cas de nécessité.

Ce réseau s’appuie sur la labellisation de structures existantes (maisons de santé, hôpitaux de proximité, cabinets médicaux groupés) ou la création de nouvelles structures. D’ici mi-2026, 2 000 lieux devraient être labellisés, avec un objectif de 5 000 à horizon 2027. Ce dispositif vise à structurer, labelliser et coordonner la première ligne de soins, sur le modèle des maisons France Services, avec des missions de service public (tarifs Sécu, permanence des soins, gardes assurées).


Incitations financières pour exercer dans les zones à basse densité médicale

Pour inciter les médecins à s’installer dans les zones sous-dotées, une rémunération forfaitaire a été réintroduite. Cette mesure s’inscrit dans le Pacte de lutte contre les déserts médicaux, avec un financement dédié et une simplification de l’articulation territoriale des soins.


Renforcement des structures de soins non programmés, notamment de la plateforme SAS

Le PLFSS 2026 consolide les structures de soins non programmés en ville, harmonise la permanence des soins ambulatoires et le service d’accès aux soins (SAS), tout en simplifiant leur financement. L’objectif est de désengorger les urgences et d’améliorer la coordination des soins autour des patients, notamment via l’usage systématique du Dossier médical partagé (DMP).

Le SAS est accessible en composant le numéro 15 (le même que le SAMU). Lorsque le médecin traitant n’est pas disponible ou que le patient a un besoin de soins urgents ou non programmés, le 15 permet de joindre la plateforme de régulation SAS. Les équipes du SAS (médecins généralistes et SAMU) évaluent la situation et, si nécessaire, proposent un rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin, infirmier, sage-femme, etc.) dans les 24 à 48 heures sur le territoire du patient.

Comment fonctionne la plateforme ?

La régulation du SAS visualise en temps réel les créneaux disponibles chez les professionnels de santé participants (médecins, sages-femmes, etc.) via la plateforme numérique nationale sas.sante.fr. Si un créneau est disponible, le régulateur peut le réserver directement pour le patient, qui est ensuite orienté vers le professionnel ou la structure adaptée (cabinet, maison de santé, centre de santé, etc.

Qui peut bénéficier du SAS ?

Le SAS est destiné à toute personne confrontée à un besoin de soins urgents ou non programmés, lorsque l’accès au médecin traitant n’est pas possible en première intention. Il couvre aussi bien les situations médicales courantes que les demandes de soins non programmés, en journée comme en dehors des heures d’ouverture des cabinets.


L’expérimentation Osys (Orientation dans le Système de Soins) par les pharmaciens d'officine progressivement étendue

L'expérimentation Osys (art.51) a été lancée initialement dans 4 régions (Bretagne, Centre-Val de Loire, Occitanie, Corse). À la fin de l’année 2025, l’expérimentation a pris fin, mais un arrêté publié le 28 décembre 2025 a ouvert une période transitoire de 12 mois (prolongeable jusqu’à 18 mois) à partir du 1er janvier 2026, afin d’assurer la continuité du dispositif en attendant sa généralisation progressive.

Des missions élargies pour les pharmaciens

Osys permet aux pharmaciens de prendre en charge certaines pathologies bénignes : plaies simples, brûlures du 1er degré, conjonctivites, piqûres de tique, douleurs pharyngées (angine), douleurs mictionnelles (cystite), et de participer à l’évaluation et à la prise en charge de situations cliniques, ainsi qu’à l’orientation des patients dans le parcours de soins, sous protocoles stricts.

Lutter contre les déserts médicaux

Osys est vu comme un outil clé pour améliorer l’accès aux soins dans les zones sous-dotées, en permettant aux pharmaciens de jouer un rôle actif dans le premier recours.

L'Intégration d'Osys au réseau France Santé.

Depuis juin 2026, les officines peuvent être labellisées et intégrées au réseau France Santé, si elles contribuent à l’accès aux soins de premier recours (téléconsultation, tests diagnostiques rapides, Osys). 

Ce dispositif suppose un pharmacien formé, un espace de confidentialité, une traçabilité complète et un suivi du patient. La rémunération (actuellement 12,50 € par triage en phase expérimentale) et les modalités pratiques font encore l’objet de discussions.


Complémentarité entre Osys et la plateforme SAS

Osys permet aux pharmaciens d’officine de prendre en charge des situations cliniques de premier recours (plaies simples, conjonctivites, piqûres de tique, angines, cystites, brûlures du 1er degré) et d’orienter les patients vers le bon professionnel de santé si nécessaire. Ce dispositif renforce le rôle du pharmacien dans le premier recours et le triage clinique

Le Service d’Accès aux Soins est une plateforme nationale qui garantit à chaque patient un rendez-vous médical sous 48 heures et une permanence des soins, notamment dans les zones sous-dotées. Il coordonne l’offre de soins et oriente les patients vers les professionnels disponibles (médecins, infirmiers, etc.)

Depuis l'intégration d'Osys dans le réseau France santé (juin 2026), les pharmacies participant à Osys (notamment dans les zones les moins dotées en médecins généralistes) peuvent contribuer à l’accès aux soins de premier recours, grâce à la téléconsultation en officine ou les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD)

Osys agit comme un filtre en amont : le pharmacien évalue la situation clinique. Si le cas dépasse ses compétences (par exemple, une pathologie plus complexe), il oriente le patient vers le SAS, qui se charge de trouver un créneau chez un médecin ou une structure de soins adaptée.

Les deux dispositifs visent à désengorger les urgences, réduire les délais d’attente et améliorer la couverture territoriale, surtout dans les déserts médicaux. Osys élargit l’offre de soins de proximité, le SAS assure la coordination et l’accès rapide à un professionnel compétent.


LES RECOMMANDATIONS DES ASSISES DE LA TÉLÉMÉDECINE COMME COMPLÉMENT ?


Les ateliers des Assises de la Télémédecine, à l'initiative de l'Assurance maladie (https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/note-de-cadrage), coorganisés avec le ministère de la Santé, se sont déroulés pendant la discussion de la LFSS 2026 (septembre à décembre 2025). Ces ateliers ont étudié la place de la téléconsultation et de la téléexpertise pour améliorer l'accès aux soins primaires et spécialisés. (https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/retour-sur-les-assises-de-la-tlm-1). Les conclusions de ces Assises ont eu lieu le 26 janvier 2026, certaines conclusions pouvant être reprises dans le PLFSS 2027 ou dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle de mai 2027 (https://www.telemedaction.org/422016875/am-liorer-l-acc-s-aux-soins).


La téléconsultation pour améliorer l'accès aux soins primaires

Plusieurs millions de Français n'ont pas ou n'ont plus de médecin traitant. Ils sont donc en dehors du parcours de soins coordonné par un médecin traitant, situation que le CNOM ne prend pas explicitement en compte dans ses dernières recommandations sur l'usage de la télémédecine en France (https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm)

L'Assurance maladie (AM) offre en revanche à ces patients sans médecin traitant des solutions passant par les organisations coordonnées territoriales qui intègrent l'usage de la télémédecine (https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/difficultes-acces-droits-soins/organisations-coordonnees-territoriales)

Le site ameli.fr de l'AM donne les informations suivantes aux patients qui rencontrent des difficultés d'accès aux soins (https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/difficultes-acces-droits-soins)

Les organisations coordonnées territoriales sont mises en place par les médecins du territoire pour répondre aux besoins de soins, notamment via des téléconsultations. Ces organisations doivent permettre aux patients :

  • d’être pris en charge rapidement compte tenu de leurs besoins en soins ;
  • d’accéder à un médecin, par le biais notamment de téléconsultations, compte tenu de leur éloignement des offreurs de soins ;
  • dans un second temps, de désigner un médecin traitant pour leur suivi au long cours et de réintégrer ainsi le cadre du parcours de soins coordonné.

Les conditions de prise en charge par l’Assurance Maladie des consultations ou téléconsultations réalisées dans ce cadre sont les mêmes que celles des consultations réalisées dans le cadre du parcours de soins coordonné.

Si vous avez un médecin traitant, précise l'AM, mais que ce dernier n’est pas disponible dans un délai compatible avec votre état de santé, votre médecin traitant peut vous orienter vers ces organisations coordonnées territoriales. Elles permettent de répondre à vos besoins de soins, notamment via des téléconsultations.

L'Assurance maladie décrit ensuite les principales organisations coordonnées territoriales :

  • maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP),
  • centres de santé (CDS),
  • équipes de soins primaires (ESP),
  • communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

D’autres formes d’organisations coordonnées territoriales, fondées sur le volontariat des médecins d’un territoire donné, sont possibles.

Curieusement, cette information, mise sur le site ameli.fr en date du 14 décembre 2022, n'a pas été mise à jour depuis. Ainsi en décembre 2022, l'Assurance maladie informait le citoyen qu'elle ne prenait pas en charge les téléconsultations réalisées par les plateformes de téléconsultation, alors qu'en 2026 elle les prend en charge lorsque la société de téléconsultation (STC) a reçu l'agrément délivré par les ministres de la Santé et de la Sécurité sociale (https://www.telemedaction.org/437100423/r-f-rentiel-has-pour-les-soci-t-s-de-t-l-consultation).


La téléexpertise pour améliorer l'accès aux soins spécialisés

La téléexpertise permet à un professionnel de santé (médical ou non médical) de solliciter à distance l’avis d’un médecin spécialiste pour éclairer une décision médicale ou pour aider à résoudre le problème d'un soin réalisé par un paramédical, sans que le patient soit directement impliqué dans l’échange. Elle est encadrée par le Code de la santé publique (article R.6316-1 et suivants) et doit respecter les exigences de protection des données (RGPD) et les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). 

Si le CNOM estime qu'une téléexpertise ne peut pas être sollicitée directement par l'auxiliaire médical, sans l'accord préalable du médecin traitant (https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm), l'institution ordinale ne prend pas en compte les millions de citoyens qui n'ont pas ou plus de médecin traitant. Dans cette situation d'absence de médecin traitant, les professionnels de santé non médicaux peuvent se référer à la réglementation en vigueur et au cadre conventionnel avec l'AM qui les autorisent à solliciter directement l'avis d'un médecin spécialiste (https://www.telemedaction.org/422021881/la-t-l-expertise-pratique-essentielle). Pour éviter le risque d'âtre accusé d'exercice illégal de la médecine par le CNOM, le professionnel paramédical s'inscrit dans un protocole d’organisation validé localement (par exemple, dans le cadre d’une CPTS ou d’une MSP)

La téléexpertise est ainsi considérée comme un outil stratégique pour faciliter l’accès au second recours spécialisé, notamment pour les patients vivant dans les zones sous-dotées en spécialistes (déserts médicaux, territoires ultramarins, EHPAD, etc.). Elle évite ainsi des déplacements sanitaires coûteux et souvent pénibles, notamment pour les patients vulnérables et handicapés. Elle favorise le travail en équipe pluridisciplinaire, en permettant aux paramédicaux de solliciter l’expertise d’un médecin ou d’un spécialiste pour affiner un diagnostic ou un protocole de soins.


AVEC UN ENCADREMENT STRICT DE LA TÉLÉMÉDECINE, LA FRANCE A-T-ELLE DE MEILLEURS RÉSULTATS D’ACCÈS AUX SOINS ?


Une télémédecine plus autonome dans les autres pays européens

Dans de nombreux pays européens (comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède ou le Royaume-Uni), la télémédecine est plus autonome et moins liée à la notion de médecin traitant. Plusieurs raisons expliquent cette différence :

Des systèmes de santé différents

Dans les pays où le système est moins centré sur le médecin généraliste (ex. : Suède, Pays-Bas), les patients ont un accès direct aux spécialistes et aux plateformes de télémédecine, sans obligation de passer par un médecin traitant. En France, cette possibilité ne concerne que 5 spécialités (ophtalmologie, psychiatrie, gynécologie, odontologie et pédiatrie). La télémédecine y est souvent intégrée comme un service à part entière, avec des plateformes privées ou publiques accessibles sans intermédiaire.

Au Royaume-Uni, le NHS (système de santé public) propose des services de télémédecine accessibles directement par les patients, avec des infirmiers ou des médecins généralistes en première ligne, sans nécessiter de médecin traitant attitré.

Une flexibilité réglementaire

Dans les autres pays européens, les barrières déontologiques et réglementaires sont souvent moins strictes (https://telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm). En Espagne, en Italie ou en Allemagne, la télémédecine est utilisée de manière plus "désintermédiée", notamment pour les soins primaires dans les zones rurales.

Il en résulte un taux d'adoption de la télémédecine plus élevé qu'en France

La part des téléconsultations atteint 13 % en moyenne dans l’OCDE, contre seulement 3,3 % en France en 2026. Cette différence s’explique en partie par un cadre moins restrictif ailleurs. Les Assises de la télémédecine ont voulu améliorer ce cadre trop restrictif de la France (https://telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/retour-sur-les-assises-de-la-tlm-2) mais le CNOM s'y est opposé en prenant le contre-pied des conclusions des Assises (https://telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm).


La France a -t-elle pour autant un système de santé plus efficace que celui de ses voisins européens ?

La prudence française en matière d’innovation organisationnelle, comme la télémédecine, ne se traduit pas systématiquement par de meilleurs résultats sanitaires par rapport à d’autres pays européens. Les données comparatives le confirment : la France, malgré son système très encadré, n’apparaît pas dans le top 10 des classements internationaux (comme celui du Commonwealth Fund ou de l’Euro Health Consumer Index), alors que des pays comme la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark ou la Suisse, où la télémédecine est plus autonome et moins centralisée, figurent régulièrement en tête de ces palmarès.

Dans le classement Euro Health Consumer Index (EHCI) 2023.

La France se classe 12ème (sur 35 pays européens), derrière la Suède (1ère), les Pays-Bas (2ème), le Danemark (3ème), la Norvège (4ème), ou encore la Suisse (5ème). Les critères où la France est en retard sont les suivants : l'accès aux soins (délais pour consulter un spécialiste, inégalités territoriales), l'innovation et la digitalisation (télémédecine, partage de données, interopérabilité), la prévention en santé publique (dépistages, vaccination, gestion des maladies chroniques) (https://www.healthpowerhouse.com/euro-health-consumer-index-2023/). 

Dans le classement Commonwealth Fund (2021).

La France est 7ème (sur 11 pays riches), derrière le Royaume-Uni (1er), l’Australie (2ème), ou les Pays-Bas (3ème). Les points faibles de la France sont les suivants : l'efficacité du système (coordination entre professionnels, gestion des maladies chroniques) et l'équité aux soins (accès aux soins pour les populations défavorisées) (https://www.commonwealthfund.org/publications/2021/aug/mirror-mirror-2021-international-comparisons-health-system-performance).

L'étude de l'OCDE (2024)

La France dépense 11,2 % de son PIB en santé (bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE à 8,8 %), mais avec des résultats moyens en termes d’espérance de vie, de mortalité évitable, ou de satisfaction des patients. L’espérance de vie à la naissance en France (82,5 ans) est inférieure à celle de la Suisse (83,9 ans), de l’Espagne (83,3 ans), ou de l’Italie (83,2 ans) (https://www.oecd.org/health/health-at-a-glance/).


Pourquoi les pays plus libéraux dans l'usage de la télémédecine sont plus efficaces en santé que la France ?

Un accès aux soins plus équitable et réactif.

En Suède, la télémédecine est intégrée comme service de première ligne. Les patients peuvent consulter un médecin 24h/7jrs via des plateformes publiques, sans besoin de médecin traitant. Le résultat est éloquent : délai moyen pour consulter un généraliste = 1 jour (contre 7 à 10 jours en France dans les zones en tension), l'espérance de vie à la naissance est de 83,3 ans en 2025 (vs 82,5 en France) (https://www.oecd.org/health/sweden.htm).

Aux Pays-Bas, les patients peuvent consulter n’importe quel médecin généraliste (pas de médecin traitant attitré). La télémédecine est remboursée sans restriction pour les soins primaires. 95 % des Néerlandais ont consulté un médecin généraliste au moins une fois au cours de l’année 2025 (vs environ 80 % en France). La mortalité évitable est Inférieure de 15 % à celle de la France (https://www.government.nl/ministries/ministry-of-health-welfare-and-sport).

Au Danemark, Un seul dossier médical électronique partagé, accessible à tous les professionnels de santé, y compris les paramédicaux. La télémédecine est utilisée pour 30 % des consultations (vs 3,3 % en France). Il existe dans ce pays un meilleur taux de survie à 5 ans pour les cancers (70 % vs 63 % en France) (https://www.sst.dk/en).

Une meilleure coordination grâce au numérique en santé.

Dans ces pays, la télémédecine n'est pas considérée comme un exercice médical dégradé (https://telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm).  Elle est intégrée aux écosystèmes du numérique en santé (dossiers partagés, prescriptions électroniques, interopérabilité), ce qui réduit les erreurs médicales et améliore la continuité des soins. En Estonie, 99 % des ordonnances sont électroniques, et les patients peuvent accéder à leurs résultats d’analyses en ligne. Il y a moins de 5 % de prescriptions inutiles (vs 10-15 % en France) (https://e-estonia.com/).

Une approche pragmatique des inégalités territoriales.

Au Royaume-Uni, la télémédecine est utilisée massivement dans les zones rurales (Écosse, Cornouaille) pour compenser le manque de médecins. Les pharmacies et les infirmiers peuvent déclencher des téléconsultations avec des spécialistes. Il y a une réduction de 40 % des hospitalisations évitables dans les zones sous-dotées.


EN CONCLUSION


Le système de santé français est trop rigide. Il aggrave en fait les inégalités d'accès aux soins. Alors que 8 % de la population française vit dans une zone sous-dotée en médecins généralistes et en médecins spécialistes, l’absence de médecin traitant exclut souvent les patients d'organisations professionnelles innovantes et de l'usage de la télémédecine, considérée à tort comme un exercice dégradée de la médecine par le CNOM (https://telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/cnom-et-assises-tlm). Alors qu'en France l'accès à un spécialiste est de 56 jours en moyenne, il est de 7 jours aux Pays-Bas et de 14 jours en Suède. Notre système de santé est freiné pour innover, malgré la volonté affichée par les pouvoirs publics et l'Assurance maladie lors des Assises de la Télémédecine.

Les futurs candidats à l'élection présidentielle devraient s'inspirer des solutions mises ne place chez nos voisins européens pour permettre à tous nos concitoyens, urbains et ruraux, d'accéder plus rapidement aux soins primaires et spécialisés grâce à la mise en place d'innovations organisationnelles, lesquelles ont fait leurs preuves chez nos voisins européens.


9 juillet 2026